20/08/2010

CODOKI Commandos du Kivu 64-65 Commentaires et photos d' un ancien du CODOKI (groupe de volontaires qui aidèrent à pacifier le Kivu menacé par les rebelles "Mulele) en les années 64-65.


18-07-2008

CODOKI Commandos du Kivu 64-65



Bukavu

1964-1965

Codoki

Commandos du Kivu

(Pour agrandir une photo, clicquez sur celle-ci.)
Peu avant et surtout après l'attaque inattendue de la
ville de Bukavu par les rebelles "Mulele" ( la présence des rebelles dans la région n'étant nullement prévisible) des volontaires européensvivants dans la région ont spontanément et ,au départ bénévolement, offerts leurs services à l' armée régulière du Congo,

Les forces armées congolaises basées en ville totalement prises au dépourvu  ce fut la débandade en quelques instants . Le colonel Mulamba commandant en chef des troupes pour la ville et larégion, repris heureusement la situation en main  avec quelques fidèles courageux et l'aide de quelques volontaires européens et réussit à refouler les troupes rebelles hors de la ville, non sans avoir subi de sérieuses pertes. Lors de cette attaque plusieurs civils (congolais et européens) et militaires furent tués. Des dégats sérieux aux divers bâtiments du centre-ville sont apparents sur la photo suivante. Les rebelles subirent de grosses pertes mais le "général" rebelle Olenga parvint à se retirer et parti sur Stanleyville. (Ci-joint des rebelles tués par un mortier ( photo prise du 1er étage de la patisserie "Le Gourmet" de Jeaninne et André) et photo des dégats subis à l'établissement.

Attaque de Bukavu par rebelles août 64 - résultat haché de rVu de la meilleure - puisque la seule - patisserie de Bukavu


Auparavant, certains membres de ce qui deviendra officiellement les Codoki avaient déjà effectués volontairement certaines missions au Kivu dans le but de contrecarrer la progression des rebelles muleles. Ainsi de André Dejardin, Guy Moreau,Eugène Cornet
Jeep recce1164 Kivu 1964 codo 262 ayant sabotés des ponts dans le sud et Louis Dessy et Victor Van Bocholt aidés par la population Wanyanga deWalikale bloquant les rebelles provenant de Stanleyville (Kisangani) et désirant attaquer Bukavu.Gué de Nzibira 1964 ATMB 028
D' autres se joindront rapidement à ce groupe de volontaires, certains après avoir été libérés de la zone rebelle par les mercenaires de l' Ommegang (Mon frère Jean Dessy et moi-même à Kindu) et/ou les paras belges à Stan.
Peu après, ces hommes seront incorporés officiellement à l' armée et rémunérés comme de soi, ce qui deviendra alors le CODOKI.


En octobre 64, ils effectueront un raid sur Uvira située au bord du lac
Tanganyika en vue de libérer les otages détenus par les rebelles. Au cours de cette mission de sauvetage Robert Aymont, engagé la veille, sera tué.

001 Op. Uvira (otages libérés)002 Op. Uvira (Louis, Jamart, Victor, Dejardin, Dr. Delperda003 Op. Uvira (Henri)004 Op. Uvira (Père Angelo participant à l'op.)005 Op. Uvira fin 64 (libération d'otages près du Burundi - 006 Op. Uvira007 Uvira (Frontière Burundi - fin 64 libération d'otages)008 Uvira (lib. otages)Otages d' Uvira conduits à Bukavu Kuivu 1964 codoki 020bisOtages d 4Uvira conduits à Bukavu Kivu 1964 codoki 021bisLouis


En fin novembre - début décembre, ils seront, avec des mercenaires sud-africains, dans  l' Ituri afin de délivrer de nombreux otages à Béni,Butembo, Bunia, Kilomoto.
Ci-après quelques photos de Bunia.

Op. Bunia - libérations otagesBunia fin 64 - libérations de plus de 100 otages par codokiOp.Bunia - Butembo - Beni -KilomotoOp.Bunia - Les bonnes soeurs libérées à ,temps...pas pour toop Bunia - otages libérésWarnant Jouretmercepickupbunia - jour lib Bunia Dédé, Jouret, Giovanni!!!, Jean, Eugène, Louis Ottencamion M35 et 20 mm Orlikon Kivu 1964 codo 003jack6Louis Otten Kivu 1965 260ops kivu sonck 04140

 

 

a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeep recce1164 Kivu 1964 codo 262

 

 

 


Jeep recce1164 Kivu 1964 codo 261inconnuSuite à cette opération difficile, le groupe y ayant participé est revenu sur Bukavu pour y rejoindre les autresmembres restés et contribuer à maintenir lasécurité dans diverses localités du Kivu (Walikale, Lulingu, Mwenga, Kamituga etc...) et continuer à atténuer la menace muleliste en diminuant leurs zones d' influence.

011 Ile Idjwi - recherche d'un disparu012 Lac Kivu - Ile Idjwi- le matin arrivée013 Village d'Idjwi019 Mission du centre d'Idjwi - population peu loquace022 Eugàne & Pépé - Idjwi026 Idjwi - P&p& & co

035 Idjwi - probablement la seule route044 Mwenga 3 mars 65 - Giovani, Louis Otten, Pépé examinan049 Mwenga 65 trio de salopards052 Mwenga 65056 Mwenga 65 départ pour la civilisationCodoki et mercenaires de la Sucraf - plaine de la Ruzizi
René et Pépé et familleKivu 1964 codoki 010

Kivu 1964 Guy à Lulingu

 

 

 

recherche des témoignages et photos en relations avec cette époque.

 


Suite à une visite de Mobutu venu inspecter ses troupes à Uvira, les codoki furent requis pour assurer sa protection.
Avec ensuite une petite réception à l' hotel Résidence et à notre "quartier général"  l' hotel
Tourist.

072 Visite de Mobutu protégé par cocoki à Uvira en février-mu075b074b

 

 

Mobutu à Bukavu Kivu 1964 codoki 018 077 Hotel Tourist (J. Mobutu , Louis, Dejardin - lendemain i

076 Hotel Tourist (Louis Jean, Joseph, Dejardin)

Mobutu à Bukavu Kivu 1964 codoki 016078 Hotel Tourist079 Hubert Delhez - paton Hotel Tourist, Joseph, Dejardin080 Les frères Dalton

 

Parti le 15 mars de Bukavu, la presque totalité des codoki arrive à Kamituga, grand poste minier du Sud-Kivu. Après une journée sur place en vue de vérifier et compléter le charroi, la colonne se rend à Nzingu, carrefour situé en pleine brousse où se trouve un détachement de l' ANC commandé par le capitaine Ernest ....et y passe la nuit. 
La colonne est alors composée de dix-neuf européens, dont un médecin, le dr. Gilbert Henrot et d' un officier de l' ATB, René Urbain, et d' une cinquantaine d' ex-gendarmes katangais. Parmi les "habituels" se trouvent quelques volontaires s' étant joint spontanément à nous dont un missionnaire italien. Le but de cette mission étant double à savoir aider le détachement du capitaine Ernest et tenter la libération de deux missionnaires italiens retenus par les rebelles dans une zone dangereuse où la rébellion règne encore en maître.
Le 18 au lever du jour c'est le départ vers la zone hostile.

Départ de NzinguSur que c'est op NzinguDépart de NzinguNzinguNzingu mars préparatifsRené Urbain & co NzinguProbablement OP Nzingu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nzingu - Giovanni,Duchateau,etc..

Les soldats de l' Anc (entendez les soldats de Mobutu, non katangais) enlèvent les pièges établis pour nous laisser passer

Dégagement des pièges

La route est abandonnée depuis longtemps et des villages vides ont été brûlés. La progressionpremier village

Village brûlé

 

 

 

est très lente du fait du mauvais état de la route et par prudence aussi.
Pas âme qui vive; soit la population nous ayant entendu venir a fui mais plus probablement parce que sur une trentaine de kilomètres il n' y a plus d' habitants.

Des éléphants balladeurs alliés des rebelles ont montés des barricades.Noel Op. Nzingu

Certains travaillent....

Le 17-03-Même les éléphants ns en veulent
En fin de journée, au sortir d' un tournant on tombe tête à tête avec un crâne fiché sur un pieu mis pour nous avertir que nous ne sommes pas les bienvenus.
Après quelques kilomètres on se trouve près du pont qui nous avait été décrit comme démoli; il n' en est rien; le pont est intact et nouvellement restauré ainsi que la route sur l' autre rive qui est impeccablement entretenue.
Ferret sur pont

Pont 100 m avant contact du 17 - 03Les rebelles, averti par le bruit des véhicules nous tirent dessus et nous balancent quelques grenades du haut de l' escarpementlongeant le chemin et subissent quelques pertes.

La dernière cible de Jean

 



On s' installe pour la nuit dans un beau village récemment vidé de ses habitants qui se préparaient à souper.
Village abandonné après 1ère embuscade

En fin de nuit un bruit de moteur se fait entendre...provenant de la route parcourue la veille; il s' agit d' un européen de la société MGL (Minière des Grands Lacs) qui nous rejoint avec un ou deux camions de planches destinées aux ponts présumés détruits.
Dans la matinée on se remet en route; le chemin est en excellent état mais les villages sont désertés. il est clair que nous ne sommes pas accueillis en libérateurs.
Op. Nzingu - village évacué par population rebellevillage abandonné

OP.Nzingu - Katangais photo utilisée erronément dans un livr

 


Après quelques temps nous sommes

arrêtés par un petit pont démoli durant la nuit.Op.Nzingu - Le grec frère de Niam)niam - autre petit pont dé

 

 

 

 

 

Aussitôt réparé, aussitôt bloqué à
nouveau par des caniveaux ouverts et un pont

Op.Nzingu dernier pont démoli arrêt de l'opération

Dernier pont démantelé qui ns a fait renoncerOp.Nzingu - F.Coupez - pont démoli par rebelles

 


 

 

 

Lafatigue et surtout un certain découragement et après avoir reçu des ordres du QG à Bukavu la mission est annulée; Il est clair que les rebelles gagnent du temps en mettant des chicanes sur notre route en vue de nous préparer un accueil peu chaleureux. 
Nous ne sommes pas assez nombreux, faisons demi-tour et rejoignons à nouveau Nzingu
.

Op.Nzingu abandon de la mission de libération des deus prêtrOp.Nzingu - René Urbain et André Dejardin017AKatangais à NzinguManger, beaucoup mangerLes Katangais qui ns accompagnaientp zingu Otten,Noel,UrbainLe 18-03 dans village rebelleEn op Nzingu


Camion embourbé au retour de missionNous y passons la nuit après avoir pris la décision, à la demande du capitaine Ernest, d' effectuer le lendemain une petite reconnaissance vers Kalole. propos entendu par des civils mêlés au bivouac dont certains se sont empressés d' aller prévenir l' ennemi de notre arrivée.

Le matin du 20 mars la jeep recce tombe en panne et nous occasionne du retard; Dédé Dejardin, Jean Dessy, Franz Coupez, Guy Moreau et Eugène Cornet décident de s' installer sur la ferret et la colonne renforcée du capitaine Ernest et d' une partie de ses hommes et de  Donatien démarre vers 8 heures.

Op.Nzingu - départ vers Kalole- Donatien monte avec nsAprès une vingtaine de kms des éclaireurs envoyés par Ernest nous montrent un panneau de bois indiquant que nous "wa-américains" sommes attendus; les éclaireurs nous disent n' avoir rien remarqué et nous reprenons la route.Donatien et Dejardin - panneau de menace des rebelles - Waam

Je serais très heureux que quelqu' un puisse me retrouver Donatien qui m' a été d' une aide précieuse durant tout mon séjour au Congo et pour qui l' amitié n' est pas qu' un simple mot. Il est ou était neveu d' un colonel Tshimanga ou Tshinyama.

 

Après avoir parcouru une trentaine  de kilomètres sans encombres sur une route en bon état et souvant rectiligne nous descendons vers un petit ravin que nous franchissons. Le chemin remontait en pente légère bifurquant sur la gauche.

Giovanni se trouvait à la mitrailleuse dans la tourelle de la Ferret pilotée par un soldat katangais.

Notre véhicule conduit par Rudi avec à ses côtés Louis Otten et ayant Raymond Noel à la mitrailleuse suivait de près le blindé.

A la sortie du tournant le blindé se trouve bloqué par une barrière constituée d' un arbre coupé; immédiatement une rafale de mitrailleuse crépite et les occupants juchés sur le véhicule sont fauchés; suivi d' un tir de blindicide qui explose à moins d' un mètre du côté gauche nous soufflant Raymond et moi sur le sol. De tout le côté gauche qui nous surplombe des balles sifflent; la mitrailleuse continue de tirer; abrités sur le flanc droit de notre jeep, Louis Otten et moi, je rampe deux mètres vers l' avant et aperçois le bout du canon sortant des broussailles à environ cinq mètres; tirant trois coups en visant légèrement en retrait de ce canon j' ai la chance de faire taire le tir et entend distinctement un corps qui s' affaisse; néammoins les tirs des automatiques continuent à nous arroser et les balles s' enfoncent dans la poussière à quelques centimètres de mes jambes. Louis parvient à se saisir d' une grenade et la balance sur le talus; des cris "maï Mulele" et des gémissements se font entendre; une seconde grenade fait son effet. Raymond réussi à récupérer sa mitrailleuse et balaie les fourrés; il est malheureusement gêné par l' angle de tir vu la hauteur de ce mini-escarpement.

Néammoins les tirs rebelles s'atténuent et je vois, quelques mètres devant, Dédé Dejardin et Guy Moreau assis sur le sol ainsi qu' Eugène Cornet gisant sur le capot-moteur le crâne éclaté.

Je ne perçois pas mon frère ni Franz Coupez et n' ai pas de nouvelles de Rudi.

Le reste de la colonne réagit et de par sa position en arrière avant le petit pont peut arroser la petite colline.

La mitrailleuse de Giovanni a reçu une balle qui a  pénétré dans son canon et celui-ci est bloqué impuissant dans la tourelle. Sinon sa position en hauteur l' aurait avantagé pour nettoyer le haut du talus.

M' inquiétant du sort de Jean, je m' en informe et Dédé me répond qu' il va bien; en réalité il a reçu le début de la rafale en pleine poitrine; Franz a reçu des centaines d' éclats du blindicide et est forcément impuissant à réagir.

Le capitaine Ernest arrive avec quelques hommes et Georges Ferreira lance un obus de blindicide qui explose dans les broussailles; après un temps difficile à estimer les tirs ennemis deviennent sporadiques et les copains effectuent les manoeuvres pour faire demi-tour; un katangais aura la jambe écrasée entre deux véhicules dans la précipitation du moment. Le corps de Jean est déposé dans un véhicule et Dédé, Guy et Franz sont embarqués; le convoi dégage et ayant ramassé  un flingue et un chargeur abandonné je dois courir pour me hisser sur le Ferret qui démarre et se retrouve donc en queue de la colonne avec le corps d' Eugène que je dois maintenir en place. Giovanni est brûlé à la main après  avoir tenté de débloquer sa mitrailleuse.

Nous sommes bons derniers et quelques tirs nous saluent encore sur le retour. Je n' ai pas encore de nouvelles précises de mon frère mais je n' ai guère de doute sur son décès.

Arrivés à Nzingu, Raymond me confirme de la tête la nouvelle.

Il prend le commandement du groupe.

Ayant suivi le même stage que Jean à la ferme école de Mushweshwe en 55 , ils avaient créés chacun leur plantation de caféiers dans la région de Lubutu-Bitule au Maniema et avaient connus les mêmes déboires durant ces dernières années tels que la présence des rebelles Mulele; libéré par les paras à Stan il avait rejoint Bukavu, s' était engagé au codoki; Jean et lui avaient  une grande amitié.

René Urbain prend contact avec le QG de Bukavu et le docteur Gilbert Henrot donne les premiers soins aux blessés appliquant une attelle à la jambe de Dédé et un garrot au bras de Guy.

Op.Nzingu - Dejardin blessé aux jambesOp. Nzingu - Franz CoupezOp.Nzingu-Kalolle - camion avec corps de Jean et d'Eugène ka






Peu après nous partons sur Itula seul endroit où les petits porteurs annoncés pour évacuer les blessés peuvent atterrir; en cours de route je pète les plombs et menace de flinguer un chauffeur de camion croisé qui nous retarde; Rudi me prendra mon flingue pour éviter que je ne commette une erreur.

A l'arrivée des avions les blessés sont évacués et on me fait monter dans le Cesna piloté par le colonel Derome qui nous avait déjà évacués, Jean et moi, de Kindu lors de la libération en début novembre.

Après l'embuscadeAprès embuscadeDejardin, Giovani, Urbain

 

 

 

 

 

Op.Nzingu - évacuation de DejardinOp Nzingu - Dr. Gilbert Henrot soignant André Dejardin aprèsOp.Nzingu - Kalole -Franz

 

 

 

 

 

Op.Nzingu - Guy MoreauOp.Nzingu - Kalole -Dejardin,Duchateau,Urbain et ToubibEvacuatiobn d'un katangais blessé à Kalole

 

 

 

 

 

Evacuation des blessésOp.Nzingu Kalole -Envol des blessés

 

 


Dans le cesna, le docteur Henrot qu' on appelait "Toubib" s' occupe de Guy qui perd son sang.

Heureusement le trajet est de courte durée et, à l' arrivée à Kamembe, des ambulances et médecins avec matériel médical s' occuperont avec diligence de soigner les blessés et les embarquer à l' hopital de Bukavu d'où Dédé et Guy seront transférés dès le lendemain par C-130 américain sur Lovanium et puis sur la Belgique.

Une foule nous attendait à Kamembe.

Le dimanche soir la colonne arrive à Bukavu et dépose les corps à la morgue.

Les obsèques de Jean et Eugène auront lieu en présence de nombreuses personnes.

Obsèques de Jean et Eugène - Basilique de Bukavuinhumation d'Eugène et de Jean à BukavuDiscours au cimetière

 


 

 

 

 

Quelques commentaires voire des photos à suivre...




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14:58 Écrit par Kisimba | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

CODOKI Commandos du Kivu 64-65

 



CODOKI Commandos du Kivu 64-65
Commentaires et photos d' un ancien du CODOKI (groupe de volontaires qui aidèrent à pacifier le Kivu menacé par les rebelles "Mulele" en les années 64-65.
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18-07-2008

CODOKI Commandos du Kivu 64-65



Bukavu

1964-1965

Codoki

Commandos du Kivu

(Pour agrandir une photo, clicquez sur celle-ci.)
Peu avant et surtout après l'attaque inattendue de la
ville de Bukavu par les rebelles "Mulele" ( la présence des rebelles dans la région n'étant nullement prévisible) des volontaires européens vivants dans la région ont spontanément et ,au départ bénévolement, offerts leurs services à l' armée régulière du Congo,

Les forces armées congolaises basées en ville totalement prises au dépourvu  ce fut la débandade en quelques instants . Le colonel Mulamba commandant en chef des troupes pour la ville et la région, repris heureusement la situation en main  avec quelques fidèles courageux et l'aide de quelques volontaires européens et réussit à refouler les troupes rebelles hors de la ville, non sans avoir subi de sérieuses pertes. Lors de cette attaque plusieurs civils (congolais et européens) et militaires furent tués. Des dégats sérieux aux divers bâtiments du centre-ville sont apparents sur la photo suivante. Les rebelles subirent de grosses pertes mais le "général" rebelle Olenga parvint à se retirer et parti sur Stanleyville. (Ci-joint des rebelles tués par un mortier ( photo prise du 1er étage de la patisserie "Le Gourmet" de Jeaninne et André) et photo des dégats subis à l'établissement.

Attaque de Bukavu par rebelles août 64 - résultat haché de rVu de la meilleure - puisque la seule - patisserie de Bukavu


Auparavant, certains membres de ce qui deviendra officiellement les Codoki avaient déjà effectués volontairement certaines missions au Kivu dans le but de contrecarrer la progression des rebelles muleles. Ainsi de André Dejardin, Guy Moreau, Eugène Cornet
Jeep recce1164 Kivu 1964 codo 262 ayant sabotés des ponts dans le sud et Louis Dessy et Victor Van Bocholt aidés par la population Wanyanga de Walikale bloquant les rebelles provenant de Stanleyville (Kisangani) et désirant attaquer Bukavu.Gué de Nzibira 1964 ATMB 028
D' autres se joindront rapidement à ce groupe de volontaires, certains après avoir été libérés de la zone rebelle par les mercenaires de l' Ommegang (Mon frère Jean Dessy et moi-même à Kindu) et/ou les paras belges à Stan.
Peu après, ces hommes seront incorporés officiellement à l' armée et rémunérés comme de soi, ce qui deviendra alors le CODOKI.


En octobre 64, ils effectueront un raid sur Uvira située au bord du lac
Tanganyika en vue de libérer les otages détenus par les rebelles. Au cours de cette mission de sauvetage Robert Aymont, engagé la veille, sera tué.

001 Op. Uvira (otages libérés)002 Op. Uvira (Louis, Jamart, Victor, Dejardin, Dr. Delperda003 Op. Uvira (Henri)004 Op. Uvira (Père Angelo participant à l'op.)005 Op. Uvira fin 64 (libération d'otages près du Burundi - 006 Op. Uvira007 Uvira (Frontière Burundi - fin 64 libération d'otages)008 Uvira (lib. otages)Otages d' Uvira conduits à Bukavu Kuivu 1964 codoki 020bisOtages d 4Uvira conduits à Bukavu Kivu 1964 codoki 021bisLouis


En fin novembre - début décembre, ils seront, avec des mercenaires sud-africains, dans  l' Ituri afin de délivrer de nombreux otages à Béni,Butembo, Bunia, Kilomoto.
Ci-après quelques photos de Bunia.

Op. Bunia - libérations otagesBunia fin 64 - libérations de plus de 100 otages par codokiOp.Bunia - Butembo - Beni -KilomotoOp.Bunia - Les bonnes soeurs libérées à ,temps...pas pour toop Bunia - otages libérésWarnant Jouretmercepickupbunia - jour lib Bunia Dédé, Jouret, Giovanni!!!, Jean, Eugène, Louis Ottencamion M35 et 20 mm Orlikon Kivu 1964 codo 003jack6Louis Otten Kivu 1965 260ops kivu sonck 04140

 

 

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Jeep recce1164 Kivu 1964 codo 261inconnuSuite à cette opération difficile, le groupe y ayant participé est revenu sur Bukavu pour y rejoindre les autres membres restés et contribuer à maintenir la sécurité dans diverses localités du Kivu (Walikale, Lulingu, Mwenga, Kamituga etc...) et continuer à atténuer la menace muleliste en diminuant leurs zones d' influence.

011 Ile Idjwi - recherche d'un disparu012 Lac Kivu - Ile Idjwi- le matin arrivée013 Village d'Idjwi019 Mission du centre d'Idjwi - population peu loquace022 Eugàne & Pépé - Idjwi026 Idjwi - P&p& & co

035 Idjwi - probablement la seule route044 Mwenga 3 mars 65 - Giovani, Louis Otten, Pépé examinan049 Mwenga 65 trio de salopards052 Mwenga 65056 Mwenga 65 départ pour la civilisationCodoki et mercenaires de la Sucraf - plaine de la Ruzizi
René et Pépé et familleKivu 1964 codoki 010

Kivu 1964 Guy à Lulingu

 

 

 

recherche des témoignages et photos en relations avec cette époque.

 


Suite à une visite de Mobutu venu inspecter ses troupes à Uvira, les codoki furent requis pour assurer sa protection.
Avec ensuite une petite réception à l' hotel Résidence et à notre "quartier général"  l' hotel
Tourist.

072 Visite de Mobutu protégé par cocoki à Uvira en février-mu075b074b

 

 

Mobutu à Bukavu Kivu 1964 codoki 018 077 Hotel Tourist (J. Mobutu , Louis, Dejardin - lendemain i

076 Hotel Tourist (Louis Jean, Joseph, Dejardin)

Mobutu à Bukavu Kivu 1964 codoki 016078 Hotel Tourist079 Hubert Delhez - paton Hotel Tourist, Joseph, Dejardin080 Les frères Dalton

 

Parti le 15 mars de Bukavu, la presque totalité des codoki arrive à Kamituga, grand poste minier du Sud-Kivu. Après une journée sur place en vue de vérifier et compléter le charroi, la colonne se rend à Nzingu, carrefour situé en pleine brousse où se trouve un détachement de l' ANC commandé par le capitaine Ernest ....et y passe la nuit.
La colonne est alors composée de dix-neuf européens, dont un médecin, le dr. Gilbert Henrot et d' un officier de l' ATB, René Urbain, et d' une cinquantaine d' ex-gendarmes katangais. Parmi les "habituels" se trouvent quelques volontaires s' étant joint spontanément à nous dont un missionnaire italien. Le but de cette mission étant double à savoir aider le détachement du capitaine Ernest et tenter la libération de deux missionnaires italiens retenus par les rebelles dans une zone dangereuse où la rébellion règne encore en maître.
Le 18 au lever du jour c'est le départ vers la zone hostile.

Départ de NzinguSur que c'est op NzinguDépart de NzinguNzinguNzingu mars préparatifsRené Urbain & co NzinguProbablement OP Nzingu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nzingu - Giovanni,Duchateau,etc..

Les soldats de l' Anc (entendez les soldats de Mobutu, non katangais) enlèvent les pièges établis pour nous laisser passer

Dégagement des pièges

La route est abandonnée depuis longtemps et des villages vides ont été brûlés. La progressionpremier village

Village brûlé

 

 

 

est très lente du fait du mauvais état de la route et par prudence aussi.
Pas âme qui vive; soit la population nous ayant entendu venir a fui mais plus probablement parce que sur une trentaine de kilomètres il n' y a plus d' habitants.

Des éléphants balladeurs alliés des rebelles ont montés des barricades.Noel Op. Nzingu

Certains travaillent....

Le 17-03-Même les éléphants ns en veulent
En fin de journée, au sortir d' un tournant on tombe tête à tête avec un crâne fiché sur un pieu mis pour nous avertir que nous ne sommes pas les bienvenus.
Après quelques kilomètres on se trouve près du pont qui nous avait été décrit comme démoli; il n' en est rien; le pont est intact et nouvellement restauré ainsi que la route sur l' autre rive qui est impeccablement entretenue.
Ferret sur pont

Pont 100 m avant contact du 17 - 03Les rebelles, averti par le bruit des véhicules nous tirent dessus et nous balancent quelques grenades du haut de l' escarpement longeant le chemin et subissent quelques pertes.

La dernière cible de Jean

 



On s' installe pour la nuit dans un beau village récemment vidé de ses habitants qui se préparaient à souper.
Village abandonné après 1ère embuscade

En fin de nuit un bruit de moteur se fait entendre...provenant de la route parcourue la veille; il s' agit d' un européen de la société MGL (Minière des Grands Lacs) qui nous rejoint avec un ou deux camions de planches destinées aux ponts présumés détruits.
Dans la matinée on se remet en route; le chemin est en excellent état mais les villages sont désertés. il est clair que nous ne sommes pas accueillis en libérateurs.
Op. Nzingu - village évacué par population rebellevillage abandonné

OP.Nzingu - Katangais photo utilisée erronément dans un livr

 


Après quelques temps nous sommes

arrêtés par un petit pont démoli durant la nuit.Op.Nzingu - Le grec frère de Niam)niam - autre petit pont dé

 

 

 

 

 

Aussitôt réparé, aussitôt bloqué à
nouveau par des caniveaux ouverts et un pont

Op.Nzingu dernier pont démoli arrêt de l'opération

Dernier pont démantelé qui ns a fait renoncerOp.Nzingu - F.Coupez - pont démoli par rebelles

 


 

 

 

La fatigue et surtout un certain découragement et après avoir reçu des ordres du QG à Bukavu la mission est annulée; Il est clair que les rebelles gagnent du temps en mettant des chicanes sur notre route en vue de nous préparer un accueil peu chaleureux.
Nous ne sommes pas assez nombreux, faisons demi-tour et rejoignons à nouveau Nzingu
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Op.Nzingu abandon de la mission de libération des deus prêtrOp.Nzingu - René Urbain et André Dejardin017AKatangais à NzinguManger, beaucoup mangerLes Katangais qui ns accompagnaientp zingu Otten,Noel,UrbainLe 18-03 dans village rebelleEn op Nzingu


Camion embourbé au retour de missionNous y passons la nuit après avoir pris la décision, à la demande du capitaine Ernest, d' effectuer le lendemain une petite reconnaissance vers Kalole. propos entendu par des civils mêlés au bivouac dont certains se sont empressés d' aller prévenir l' ennemi de notre arrivée.

Le matin du 20 mars la jeep recce tombe en panne et nous occasionne du retard; Dédé Dejardin, Jean Dessy, Franz Coupez, Guy Moreau et Eugène Cornet décident de s' installer sur la ferret et la colonne renforcée du capitaine Ernest et d' une partie de ses hommes et de  Donatien démarre vers 8 heures.

Op.Nzingu - départ vers Kalole- Donatien monte avec nsAprès une vingtaine de kms des éclaireurs envoyés par Ernest nous montrent un panneau de bois indiquant que nous "wa-américains" sommes attendus; les éclaireurs nous disent n' avoir rien remarqué et nous reprenons la route.Donatien et Dejardin - panneau de menace des rebelles - Waam

Je serais très heureux que quelqu' un puisse me retrouver Donatien qui m' a été d' une aide précieuse durant tout mon séjour au Congo et pour qui l' amitié n' est pas qu' un simple mot. Il est ou était neveu d' un colonel Tshimanga ou Tshinyama.

 

Après avoir parcouru une trentaine  de kilomètres sans encombres sur une route en bon état et souvant rectiligne nous descendons vers un petit ravin que nous franchissons. Le chemin remontait en pente légère bifurquant sur la gauche.

Giovanni se trouvait à la mitrailleuse dans la tourelle de la Ferret pilotée par un soldat katangais.

Notre véhicule conduit par Rudi avec à ses côtés Louis Otten et ayant Raymond Noel à la mitrailleuse suivait de près le blindé.

A la sortie du tournant le blindé se trouve bloqué par une barrière constituée d' un arbre coupé; immédiatement une rafale de mitrailleuse crépite et les occupants juchés sur le véhicule sont fauchés; suivi d' un tir de blindicide qui explose à moins d' un mètre du côté gauche nous soufflant Raymond et moi sur le sol. De tout le côté gauche qui nous surplombe des balles sifflent; la mitrailleuse continue de tirer; abrités sur le flanc droit de notre jeep, Louis Otten et moi, je rampe deux mètres vers l' avant et aperçois le bout du canon sortant des broussailles à environ cinq mètres; tirant trois coups en visant légèrement en retrait de ce canon j' ai la chance de faire taire le tir et entend distinctement un corps qui s' affaisse; néammoins les tirs des automatiques continuent à nous arroser et les balles s' enfoncent dans la poussière à quelques centimètres de mes jambes. Louis parvient à se saisir d' une grenade et la balance sur le talus; des cris "maï Mulele" et des gémissements se font entendre; une seconde grenade fait son effet. Raymond réussi à récupérer sa mitrailleuse et balaie les fourrés; il est malheureusement gêné par l' angle de tir vu la hauteur de ce mini-escarpement.

Néammoins les tirs rebelles s'atténuent et je vois, quelques mètres devant, Dédé Dejardin et Guy Moreau assis sur le sol ainsi qu' Eugène Cornet gisant sur le capot-moteur le crâne éclaté.

Je ne perçois pas mon frère ni Franz Coupez et n' ai pas de nouvelles de Rudi.

Le reste de la colonne réagit et de par sa position en arrière avant le petit pont peut arroser la petite colline.

La mitrailleuse de Giovanni a reçu une balle qui a  pénétré dans son canon et celui-ci est bloqué impuissant dans la tourelle. Sinon sa position en hauteur l' aurait avantagé pour nettoyer le haut du talus.

M' inquiétant du sort de Jean, je m' en informe et Dédé me répond qu' il va bien; en réalité il a reçu le début de la rafale en pleine poitrine; Franz a reçu des centaines d' éclats du blindicide et est forcément impuissant à réagir.

Le capitaine Ernest arrive avec quelques hommes et Georges Ferreira lance un obus de blindicide qui explose dans les broussailles; après un temps difficile à estimer les tirs ennemis deviennent sporadiques et les copains effectuent les manoeuvres pour faire demi-tour; un katangais aura la jambe écrasée entre deux véhicules dans la précipitation du moment. Le corps de Jean est déposé dans un véhicule et Dédé, Guy et Franz sont embarqués; le convoi dégage et ayant ramassé  un flingue et un chargeur abandonné je dois courir pour me hisser sur le Ferret qui démarre et se retrouve donc en queue de la colonne avec le corps d' Eugène que je dois maintenir en place. Giovanni est brûlé à la main après  avoir tenté de débloquer sa mitrailleuse.

Nous sommes bons derniers et quelques tirs nous saluent encore sur le retour. Je n' ai pas encore de nouvelles précises de mon frère mais je n' ai guère de doute sur son décès.

Arrivés à Nzingu, Raymond me confirme de la tête la nouvelle.

Il prend le commandement du groupe.

Ayant suivi le même stage que Jean à la ferme école de Mushweshwe en 55 , ils avaient créés chacun leur plantation de caféiers dans la région de Lubutu-Bitule au Maniema et avaient connus les mêmes déboires durant ces dernières années tels que la présence des rebelles Mulele; libéré par les paras à Stan il avait rejoint Bukavu, s' était engagé au codoki; Jean et lui avaient  une grande amitié.

René Urbain prend contact avec le QG de Bukavu et le docteur Gilbert Henrot donne les premiers soins aux blessés appliquant une attelle à la jambe de Dédé et un garrot au bras de Guy.

Op.Nzingu - Dejardin blessé aux jambesOp. Nzingu - Franz CoupezOp.Nzingu-Kalolle - camion avec corps de Jean et d'Eugène ka






Peu après nous partons sur Itula seul endroit où les petits porteurs annoncés pour évacuer les blessés peuvent atterrir; en cours de route je pète les plombs et menace de flinguer un chauffeur de camion croisé qui nous retarde; Rudi me prendra mon flingue pour éviter que je ne commette une erreur.

A l'arrivée des avions les blessés sont évacués et on me fait monter dans le Cesna piloté par le colonel Derome qui nous avait déjà évacués, Jean et moi, de Kindu lors de la libération en début novembre.

Après l'embuscadeAprès embuscadeDejardin, Giovani, Urbain

 

 

 

 

 

Op.Nzingu - évacuation de DejardinOp Nzingu - Dr. Gilbert Henrot soignant André Dejardin aprèsOp.Nzingu - Kalole -Franz

 

 

 

 

 

Op.Nzingu - Guy MoreauOp.Nzingu - Kalole -Dejardin,Duchateau,Urbain et ToubibEvacuatiobn d'un katangais blessé à Kalole

 

 

 

 

 

Evacuation des blessésOp.Nzingu Kalole -Envol des blessés

 

 


Dans le cesna, le docteur Henrot qu' on appelait "Toubib" s' occupe de Guy qui perd son sang.

Heureusement le trajet est de courte durée et, à l' arrivée à Kamembe, des ambulances et médecins avec matériel médical s' occuperont avec diligence de soigner les blessés et les embarquer à l' hopital de Bukavu d'où Dédé et Guy seront transférés dès le lendemain par C-130 américain sur Lovanium et puis sur la Belgique.

Une foule nous attendait à Kamembe.

Le dimanche soir la colonne arrive à Bukavu et dépose les corps à la morgue.

Les obsèques de Jean et Eugène auront lieu en présence de nombreuses personnes.

Obsèques de Jean et Eugène - Basilique de Bukavuinhumation d'Eugène et de Jean à BukavuDiscours au cimetière

 


 

 

 

 

Quelques commentaires voire des photos à suivre...




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14:47 Écrit par Kisimba dans histoire | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |